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Histoire

Pays d’eau et de moulins :

La Dore, à l’est de la commune, la traverse de part en part du nord au sud. C’est un gros ruisseau qui, pour ses habitants, ne porte ce nom que depuis la moitié du XIX° siècle. C’était alors le ruisseau d’Aubiange, où elle prend sa source, ou de Chard, le plus gros hameau de la commune, à proximité. La Dore est un affluent de l’allier . On n’est pas sûr qu’elle ait donné son nom au village.

la dore au moulin de piers

Le ruisseau de la dore et le ruisseau de la faye confondent leurs eaux au lieu-dit "Moulins du Vernet, commune de Doranges. Jadis, il n’y a pas si longtemps, c’était l’un des hauts lieux d’activité de la commune. Ses aménagements complexes utilisaient au mieux les apports des deux ruisseaux. Leurs eaux irriguaient les prés et les quelques champs environnants à partir d’un aqueduc alimenté par "l’écluse" (réserve d’eau) d’un de ses deux moulins, auxquels ils fournissaient leur énergie. Pour le porter à son départ, on avait aménagé un pont qui enjambait le ruisseau. Deux biefs, un par ruisseau, alimentaient ce moulin, dit "du Vernet" Le ruisseau de Marchaud, dévié sur quatre cents mètres depuis des siècles, y coule à flanc de coteau. Il fournissait son eau au moulin de Périchon (encore appelé "de Brunel") avant d’alimenter celui du Vernet. C’est à partir du lieu-dit "Moulins du Vernet", vers lequel convergeaient plusieurs chemins largement utilisés, que l’on peut parler d’un ruisseau digne de ce nom, voire d’une petite rivière.

Origine du nom :

L’origine du nom, objet de conjectures, remonte à ce qui, dans le Haut Livradois, est presque la nuit des temps. Ce sont les étymologistes qui nous révèlent que, peut-être, Doranges est né d’un homme, pas d’une rivière, même si on a un temps proposé pour la Dore une origine celte, "dora" signifiant "eau" dans cette langue.
On trouve celui-ci orthographié Dauranghes (1352) ou Daurangias (1392) dans des textes anciens.
Parmi les origines possibles de Doranges, il en est une qui fait d’un dénommé DAURUS le grand ancêtre gallo-romain. Avec toute sa famille, il se serait établi en un lieu -notre Doranges actuel - auquel il aurait donné son nom. Il a pu être le fondateur d’une exploitation agricole sur les lieux, le suffixe bas-latin « –anica », (qui évolua en « –anges ») signifiant « domaine de ») et donnant son nom à Doranges.

doranges

La seigneurie d’issandolanges :

Tout cela nous ramène à la période mérovingienne. On peut donc imaginer que Doranges apparut en Haut Livradois à un moment donné du Haut Moyen Age, entre Clovis (481-511) et le dernier des Mérovingiens (768 : Charlemagne met fin à leur dynastie).
C’est bien plus tard que le village, alors Dauranghias, ou encore Daurangiae, apparaît dans l’histoire de façon tangible dans des documents retrouvés. 1. Dès le XIV° siècle, et sans doute bien avant, la presque totalité de la paroisse - à l’exception de quelques terroirs situés à Montmorand tout au nord de celle-ci - constituait la plus grande partie de la seigneurie d’Issandolanges. Le château d’Issandolanges, siège de la seigneurie, se trouvait à l’extérieur du territoire paroissial, dont il était séparé par la seigneurie de Novacelles. Ce sont principalement des "hommages" rendus à des seigneurs qui nous parlent de Doranges On y apprend que le Boucheron était un fief dépendant du seigneur d’Issandolanges, qui progressivement desserra la tutelle de son suzerain ; que Piers et Doranges soi-même étaient désignés sous le vocable de mas, que Tremoyles était un mas aujourd’hui disparu. Ces archives attestent surtout de l’existence de la paroisse entre 1284 et 1457.

Les hameaux oubliés :

Au sud-ouest de la commune, le ruisseau de Servière constitue la limite entre Doranges et Saint-Alyre. Non loin de là, au nord, le "château" de Scis, actuellement grosse bâtisse au toit recouvert d’éternit, a longtemps abrité les Cheminades, seigneurs du lieu et descendants des seigneurs de Lormet. La carte au 1/25000° de l’I.G.N mentionne au sud de Scis l’importante forêt de l’Ormet. Lormet garde son mystère et l’on dit même qu’un trésor s’y trouverait enfoui…Ceux qui savent vous conduisent vers de vieilles pierres pas très convaincantes, recouvertes par la végétation. Il ne s’agit en fait que des restes de quelques habitations très anciennes et isolées (Lormet : ermite, ermitage ; du latin « lieu isolé)

Beaucoup plus près de nous, parmi les disparus, on a Bouteix (aujourd’hui La Beauté) au nord, proche des limites de Saint-Bonnet-le Bourg ; Bourly (ou Brouly) ferme oubliée à trois cents mètres de Scis, dont elle dépendait ; La Talheyre, qui fut peut-être une tuilerie, aux confins est de Doranges, proche de Besse (commune de Saint-Sauveur), aujourd’hui nom d’un terroir (La Tallière). Tous ces lieux étaient encore habités dans la première moitié du XIX° siècle.

eglise de doranges

La paroisse :

De même, il n’est pas sûr que ce sont les moines bénédictins de La Chaise-Dieu qui ont christianisé les lieux et établi une paroisse. Il semblerait qu’une communauté chrétienne ait occupé le site de Doranges dès l’époque carolingienne (VII°-X° siècles) bien avant que Saint-Robert et ses moines aient commencé à défricher les hauteurs de la Chaise-Dieu (1043) pour y implanter un monastère.. Si le saint-patron de la paroisse est Saint-Barthélémy - on ne connaît pas l’origine de cette dédicace – l’église elle-même est dédiée à Saint-Julien , saint-martyr dont la légende situe le tombeau dans la basilique de Brioude. Il est possible que l’évangélisation de la partie du Haut Livradois où se trouve Doranges ait été l’ ?uvre de missionnaires brivadois.
La Chaise-Dieu reçut d’un évêque d’Auvergne la paroisse de Doranges (1067), y installa deux moines et édifia l’église romane actuelle (XII° siècle) sur le site ancien. Comme bien des monuments ruraux, son style rustique, ses chapiteaux à faible relief, ses modillons historiés lui confèrent un charme particulier. Au XV° siècle, l’ajout de chapelles latérales permit d’y accueillir les défunts des deux familles dorangeoises vassales de la seigneurie : Scis et le Boucheron, dont les demeures étaient situées respectivement à l’ouest et à l’est de la paroisse. Au milieu du XVI° siècle, après le concile de Trente, celle-ci fut confiée à un prêtre séculier à la nomination de La Chaise-Dieu. La quasi-totalité de l’actuelle commune appartenait aux seigneurs d’Issandolanges. Il y eu les Montboissier, puis les Bonlieu de Montpentier et quelques autres…, Leur châtellenie avait cette particularité de consister en deux parties séparées par les terres de Novacelles.
Doranges eut pour desservants des prêtres qui marquèrent la vie communale, comme le curé Bayard qui régna en maître pendant trente-cinq ans sur le quotidien de sa paroisse (+1787) ou son successeur, Frétisse, prêtre constitutionnel et secrétaire de la jeune mairie. De même, Jean de La Roque, seigneur du Boucheron, aristocrate et ardent partisan du nouveau régime, fut maire, puis secrétaire de la commune. Fidèle aux origines plébéienne de sa mère, une Vernet, Il fut successivement De La Roque, La Roque puis Laroque, harcelé par les révolutionnaires ambertois, unanimement soutenu par la population de sa commune et des communes avoisinantes.

Démographie :

La paroisse au XVIII° siècle, la commune ensuite jusqu’au XX°, connut des difficultés dues aux accidents climatiques, aux bouleversements sociaux et à une démographie galopante qui finit par vider le pays d’habitants qui le quittèrent pour y échapper. Une tradition ancienne faisait émigrer les hommes qui devenaient terrassiers, scieurs de long. Sur place, ils pratiquaient ces métiers ainsi que tout ceux que leur fournissaient les circonstances : on eut des tailleurs de pierre avec la construction du chemin de fer, des échalassiers lorsqu’on replanta la vigne dans la plaine après le philloxéra. Doranges, au plus haut de sa population, comptait 1336 habitants en 1846. Il en reste autour de 150 en ces années 2015-2020. Il y eut, au fil du temps, 15 moulins hydrauliques dans la commune, alimentés quelquefois par de tout petits ruisseaux. Réhabilité, le Moulin de Piers est encore à même d’offrir de la farine à ses visiteurs.

Après avoir couvert le pays de bois sur près des deux tiers de sa surface, la forêt a, semble-t-il , cessé d’être envahissante. Le pays, rendu à une nature sévère et accueillante, semble s’ouvrir aux vacanciers en quête de repos et de tranquillité. Entre 800 et 1100 mètres d’altitude, il n’est pas en été sans charme ou sans attraits, même si les hivers y sont un peu longs.
(P.Marchand)

doranges le vialaret



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